Éloignement c’est l’éloignement (Palissades #2: Audrey Chan)

text mural, Parvis d'Onyx, St-Herblain/Atlantis, France, 2009

“Éloignement c’est l’éloignement (Palissades #2 : Audrey Chan)”, time-lapse video of installation, May 13, 2009.

 

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THE POETICS OF BUREAUCRACY

I am teaching a workshop at the Nantes School of Art called “I am curious: The Artist as Ethnographer.” My students (Mélanie Dautreppe-Liermann, Nina De Angelis et Sarah Menal) and I decided to take a field trip to the Préfecture in Nantes. People usually go to the Préfecture for specific reasons, such as applying for licenses and registration (e.g. for vehicles and hunting weapons), to registering farm equipment, seeking asylum status, processing immigration and citizenship, etc. My students and I, on the other hand, went there with the intention to observe the site and learn about the people who work there.

In the lobby, the waiting area was full of people who had been or would be waiting a long time for their number to be called. Their faces were expressionless and torpor hung in the air. We decided to venture upstairs to find out about the other departments of the Préfecture. Compared to the waiting crowds downstairs, the upper levels were eerily quiet. The hallways were lined with closed doors with frosted glass windows and a sign indicating the function of the office.

We came across a sign that read “Éloignement,” which roughly translates to “distance” or “to be far from a place.” We weren’t sure what service it was associated with, so Nina knocked on the door of the office. A woman opened the door and asked, “What do you want?” Sarah replied, “We came to learn about the Préfecture and to ask you what éloignement means.” The woman replied, “Éloignement c’est l’éloignement. Tout le monde sait qu’est-ce que c’est.”

After our conversation, we learned that éloignement is the official term to describe the deportation of undocumented immigrants.

LA POETIQUE DE LA BUREAUCRATIE

Je suis enseignante d’un workshop à l’école des beaux-arts de Nantes appelé « I am curious : The Artist as Ethnographer ». Mes étudiantes (Mélanie Dautreppe-Liermann, Nina De Angelis et Sarah Menal) et moi avons décidé de prendre une excursion à la Préfecture de Nantes. Les gens vont habituellement à la Préfecture pour les fonctions spécifiques, telles que les licences et l’enregistrement (pour les véhicules et les armes de chasse), l’enregistrement de matériel agricole, les demandeurs du statut d’asile, l’immigration et la citoyenneté, etcetera. Mais nous, de l’autre part, sommes allées avec l’intention de examiner le lieu et de rencontrer avec des gens qui travaillent là.

Dans le hall, la salle d’attente était pleine de gens qui attendaient leur numéro d’être appelé. Une torpeur était accrochée dans l’air. Nous avons décidé de monter à l’étage en savoir plus sur les autres départements de la Préfecture. Par rapport à la attend la foule en bas, les niveaux supérieurs étaient calmes. Les couloirs étaient alignés à huis clos avec des fenêtres en verre dépoli et un signe indiquant la fonction du bureau.

Nous avons tombés sur un signe : «Éloignement», qui traduit à peu près à « distance » ou « d’être loin d’un lieu ». Nous n’étions pas sûr avec quel service ça était associé, donc Nina a frappé à la porte du bureau. Une femme a ouvert la porte et a demandé, « Que voulez-vous? » Sarah a répondu, « Nous sommes venus pour connaître la Préfecture et à vous demander ce que signifie éloignement. » La femme a répondu, « Éloignement c’est l’éloignement. Tout le monde sait qu’est-ce que c’est. »

Après notre conversation, nous avons appris que éloignement est le terme officiel pour désigner l’expulsion des immigrés sans-papiers.

The Préfecture of the city of Nantes, France

Special thanks to Nicolas Gautron and Marie-Pierre Duquoc.